-Record Store Day-

20 avr

Hier avait lieu la journée des disquaires pour la septième année consécutive. Aujourd’hui on vous en dit un peu plus sur cet évènement qui prend un peu plus d’ampleur d’années en années.

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 Ce concept nous vient des États-Unis, pensé par Michael Kurtz et Chris Brown fin 2007 et inspiré du Free Comic Book Day qui a pour but de promouvoir les comics. Il est ensuite lancé l’année suivante dans plus de 700 boutiques. Avec la participation canadienne, environ un millier de boutiques suivent le projet en 2010 en Amérique. En Europe le projet apparait en 2009 avec 250 magasins et en 2011 seulement pour la France. C’est alors une centaine de boutiques qui prennent part à l’opération avec l’aide d’artistes comme Charlotte Gainsbourg ou Benjamin Biolay et des labels comme EMI ou Because Music pour ne citer qu’eux.

Cet évènement, aujourd’hui international, a lieu le troisième samedi du mois d’Avril et a pour objectif de promouvoir les disquaires qui sont malheureusement en perte de vitesse depuis l’arrivée du tout numérique. Le disque vinyle revient toutefois à la mode dans les clubs et les bars.

Cette année on pouvait trouver en France pas moins de 296 sorties exclusives éparpillées dans 238 disquaires indépendants. Une cinquantaine de concerts étaient organisées parallèlement autant de jour que de nuit, notamment pour le Disquaire Night instauré seulement dans l’Hexagone.

Il fallait être chanceux hier pour trouver le vinyle de ses rêves car personne ne sait exactement à l’avance où vont se trouver les disques inédits. On pouvait cette année retrouver plusieurs générations d’artistes, entre AC/DC, Johnny Cash, Kings of Leon, Nirvana, Outkast et London Grammar, Metronomy, MGMT, Ed Banger, Siriusmo ou encore Tyler the Creator. Vous l’aurez compris, c’est l’occasion de redécouvrir des artistes bien connus du grand public et de découvrir des artistes un peu plus jeunes autour de cette institution qu’est le vinyle.

Dans un monde le cinquième art n’est devenu qu’un objet industriel à part entière, on ne peut que vous encourager d’aller faire un tour chez un disquaire pour redonner à la musique son caractère d’origine.

- Phoniks -

19 avr

Phoniks

Aujourd’hui, passons en revu le travail de Phoniks. Ce jeunot venant tout droit de la ville de Portland aux Etats-Unis qui nous fait revisiter les plus grandes perles du rap US.

Marre des reprises qui dénaturent les originales ?

Phoniks lui a compris la recette.

L’originale par ici => C.R.E.A.M

Producteur de hip hop, Phoniks maitrise l’art du boom-chack des 90′s, des sons influencés jazz/soul comme nous apprécions particulièrement chez UMR.

L’originale par ici => Feelin’ It

Non seulement il nous fait écouter nos classiques d’une nouvelle manière tout aussi appréciable, mais il produit aussi des pépites accompagné de ‘emcees’ comme Awon, Dephlow ou encore Anti-Lilly .

Ou comment trouver du hip hop signé old school avec un touche de modernité. On retiendra des reprises de Notorious B.I.G, A Tribe Called Quest, Mos Def, Wu Tang Clan ou encore Jay Z.

Trouvez le sur:

Soundcloud

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En bonus, d’autres reprises à la hauteur de son talent.

L’originale par ici => Travellin’ Man

L’originale par ici => Party N Bullshit

Ladies first – Hip hop playlist vol 1 #19

17 avr

Aujourd’hui, c’est une playlist Hip hop un peu particulière que l’on vous propose. On fait tomber les clichés en vous offrant ce florilège de titres d’artistes féminins. Si le Rap a souvent été décrit comme un univers mysogine, ces quelques pépites prouvent que les femmes ont amplement leur place, entre flows déconcertants et énergie débordante.

 

Alors, qui a dit que les femmes ne savaient pas rapper?

 

Green Gold Black #3 -Kanka- l’écho français du dub

16 avr

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Aujourd’hui de nombreux styles musicaux se revendiquent descendant de près ou de loin du dub, comme la dubstep, la steppa, le ragga jungle, la dubwise, ou le drum & bass, entre autres.
Le dub nait en Jamaïque en 1967 par erreur de gravage d’un disc test (dub plate, à l’origine d’ailleurs du nom du style musical) du label Treasure Isle de Duke Reid passé en sound system et traité par King Tubby, considéré comme le père fondateur du Dub. plus tard la musique s’exportera particulièrement  à Londres et évoluera rapidement vers de la musique entièrement électronique, moins coûteuse à l’époque que d’enregistrer un groupe complet.

Mais revenons à Alexis Langlois, aka Kanka. Né en 1977 en Normandie, il s’intéresse d’abords principalement à la rythmique et à la basse, et intègre à 20 ans le groupe de reggae rouennais King Riddim en percussioniste et batteur où il enregistrera ses première partitions sur l’album "La Jungle" parru  en 2000.

Avide de travailler sur ses propres projets, il démarre une carrière solo lancée par son première album "Every night’s dub", auto-produit, très peu distribué, et pourtant d’une maturité à lui ouvrir des portes plus rapidement que prévu. Les inspirations son clairement jamaïcaines à travers des artistes portés par la vague londonienne du style, comme Iration Steppa, Jah WarriorLove Grocers, assez éloignées de l’éléctro dub allemand. Il y fera notament une collaboration avec MC Olivia (du blackboard sound system).

De son premier album:

Kanka accède alors à des petites scènes et même à la compilation "I Dub You"  où il commence alors à se faire connaitre, et bien plus, il est repéré par le label parisien Hammerbass records qui s’applique alors à diffuser la musique d’inspiration dub en pleine effervescence.

Ça méthode, dit-il, est toujours la même : " Pour moi dans le dub, c’est la basse qui fait tout le morceau ". Il commence alors à travailler à plein temps en studio où il compose en partant souvent d’un couple/batterie basse, et en ajoutant parfois des éléments mélodieux et des contre-temps, principalement des cuivres et mélodicas, donnant à son oeuvre la marque immanquable de la tradition reggae jamaïcaine.
Il côtoit lors de féstivals des artistes comme Lee scratch Perry et Mad professor (des vrais pointures) et des groupes comme le Peuple de l’Herbe.

En 2005, Kanka sors un nouvel album, "don’t stop dub", sous le label Hammerbass, aux influences électro plus marquées : le rythme s’accélère, les basses s’imposent et les percusions déferlent. Mais ils ne rompt pas pour autant, loin de là même, avec la culture dub jamaïco-londonienne, mêlant toujours à ses sons sirènes, cuivres et gros skanks bien lourds. Le mélange est une totale réussite, on note d’ailleurs une première pour lui, il pose sa voie sur " Revolution" et "conquest" en collaboration avec Brother Culture. Il enregistre par ailleurs de nouveau avec MC Oliva le titre "Riddim".

Les festivals et scènes s’enchainent, l’artiste de nature timide (il l’avoue lui même) prend la vague et donne à ses lives plus d’intensité en prenant sur scène bassiste, chanteur, guitariste. Il rencontre ses ainés et prend du recul, dit-il,  pour mieux s’attaquer à son troisième album, "Alert".
A sa sortie en 2006 (a peine un an plus tard !), l’évolution constatée entre ses deux premiers albums est concrétisée : les bases stepper sont renforcées, des mélodies transes parcourent certains morceaux, les basses crachent plus que jamais, on retrouve presque un style apocalyptique dans le mastering et les sirènes criardes. Et fidèle, l’homme ne lâche pourtant pas ses racines, puisque la part reggae est introduite sans aucun problème et donne une atmosphère à l’album toute particulière. Le style de Kanka s’affirme.

Les alentours de 2010 marquent un tournant pour Kanka, qui débute (après ses quatrième et cinquièmes albums "sub.mersion" (2009) et "Dub communication" (2011) ) un nouveau projet plus tourné vers la dubstep sous le nom de Alek6 un an plus tard. L’artiste est à son appogée sous les deux pseudonyme, l’un renforçant  le style Kanka déjà connu et apprécié alors que l’abum "Inside" dévoile un autre aspect d’Alexis. " j’avais besoin après trois albums stepa et quelque vinyles de faire quelque chose d’un peu différent [...]. C’est la partie obscure vue que c’est moins passe partout, c’est plus personnel". Il est aussi question pour lui de prendre du recul sur Kanka et repartir sur "des bases fraîches".
On oubliera pas parallèlement de parler de l’énorme feat avec le français Bigga Ranx* et du son "Anesthesia", pure style Kanka très apprécié, sur l’album sub.mersion.

Et de son album "Dub Communication"

Glissant sur la vague de la dub anglo-jamaïcaine, Il aura dévoilé tout son talent en allant chercher des inspirations diverses tout en gardant un son presque roots, faisant retentir un son dub français des plus appréciable. Et un album en marche pour 2014 !

"Un message à faire passer : le son pour le son. J’entends par là que trop de groupes réfléchissent en terme de concept, d’image, d’originalité…, ce qui se fait souvent au détriment de la qualité musicale. Il est beaucoup plus difficile de faire de la bonne musique que de la musique originale…"

-Peace-


Du Graffiti au Street Art : laissons la peinture aux murs !

14 avr

Ça n’a échappé à personne : depuis quelques années, le Street Art est à la mode. T-shirts, expos chics, bandes dessinées, magnets souvenirs, internet surtout ; peu de supports ne relayent pas le mouvement, qui n’a acquis le statut d’art dans les milieux spécialisés que très récemment. Si cette diffusion de masse d’un phénomène artistique au départ marginal s’est déjà produit dans l’histoire, nous tâcherons de comprendre ce que la gloire du Street Art a d’inédit, de par ses différences fondamentales avec les mouvements antérieurs, et surtout ce qu’il perd, avec ce succès aussi massif qu’irréfléchi…

Des graffers vendant leurs œuvres pour des sommes à six chiffres (Fetish Lady de Banksy adjugée à 323 362 euros en 2012), des expositions à l’affluence monstre (5h de queue en moyenne pour la Tour Paris 13 au mois d’octobre dernier, j’envoie d’ailleurs un regard bien ombrageux à tous les chanceux qui l’ont vu), une omniprésence sur le net (des centaines de pages Facebook sont consacrées au Street Art, par exemple), des produits dérivés à tout-va… En terme d’économie et de diffusion, le Street Art ne s’est jamais aussi bien porté, et c’est bien normal puisque ces problématiques n’existaient pas auparavant, à part pour quelques artistes (mal)chanceux dont les tarifs se chiffraient déjà en millions dès les années 90 (Basquiat, Keith Haring), mais qu’on voyait plus comme des artistes étant « sortis de la rue » que comme des « Street artists ». Pour comprendre le succès retentissant du Street Art qui s’assume vraiment comme tel, en tant qu’ « art de rue » depuis moins d’une décennie, regardons dans le rétroviseur des modes.

On pourrait multiplier les exemples : en arts plastiques l’Impressionnisme, le Cubisme, le Surréalisme, le Pop Art… Autant de mouvements, marginaux et choquants à leur création, qui ont finalement conquis les critiques d’art, les foules bourgeoises et populaires, et dont les œuvres ont été reproduites partout, dont les canons esthétiques ont été assimilés, puis copiés sans réflexion dans des croûtes sans valeur. Tous ces mouvements étaient au départ soutenus par des artistes ayant une vision différente de l’art (impression de réalité et non reproduction, mouvement et non immobilité etc.), remettant en cause les académismes précédents, et animés par le désir de tout faire valdinguer sur la table des acquis culturels et de peindre sans a priori ce qu’il leur plaisait de peindre. Si les critiques ont fini par comprendre les conceptions de l’art que supposaient ces mouvements, les bourgeois du XXème siècle, eux, n’en ont retenu justement que l’aspect « anticonformiste », « original », « bohème » ou « frondeur », autant de termes que la publicité et la mode se sont très vite approprié, et qui ne peuvent suffire à définir un mouvement artistique. L’aspect esthétique des œuvres de ces grands mouvements, quant à lui, est entré dans les mentalités par l’habitude, et ne choque plus ; il nous est désormais tout à fait possible de regarder un paysage avec un œil impressionniste, une cuisine avec une vision surréaliste, de trouver Stravinsky harmonieux et Rodin réaliste, sans même y penser… ce qui était beaucoup plus difficile pour ceux qui virent ou entendirent ces œuvres pour la première fois.

Ce qui a séduit dans le Street Art n’est guère différent : besoin pour les bourgeois de s’« encanailler », esthétisation du crade, des murs décrépis, de la peinture qui coule… des motifs vus comme de l’anti-beauté avant que le Street Art ne séduise. Or cet aspect esthétique des choses n’est pas ce qui fait la spécificité de cet art : on retrouve chez Pollock la peinture qui coule, chez les artistes bruts l’aspect sale et débrouille… Qu’est-ce qui fait le Street Art ?

Tout d’abord, le Street Art, c’est du graffiti, du vandalisme.

    Ce n’est pas un mouvement, il n’est soutenu ni par une pensée théorique, ni par une conception artistique, encore moins par un manifeste. Si des ouvrages ont paru qui problématisent ces questions, ils ne l’ont été qu’a posteriori (Un art contextuel de P. Ardenne, 2002, Urban Interventions – Personal Projects in Public Spaces de R. Klanten et M. Huebner, 2010 etc.), et n’ont pas été l’œuvre des initiateurs du graffiti moderne, parfaits anonymes. Ainsi, l’unité du phénomène, non issue d’une volonté consciente, semble bien difficile à trouver… Le Street Art regroupe en effet des œuvres trop disparates qui n’ont comme point commun que leur nom : art de rue. Car les sujets se sont à présent diversifiés, et ce qui n’était au départ qu’ornementations des « blases », c’est à dire principalement les personnages et les motifs abstraits, sont à présent devenus des sujets à part entière. Pour ce qui est des techniques, elles sont tout aussi variées : la traditionnelle bombe à main levée est encore majoritaire, mais Jef Aerosol ou Miss Tic utilisent le pochoir depuis bien longtemps, Space Invader la mosaïque et le carrelage etc. La pensée, enfin, diffère selon les graffers : message politique, décoration de la ville, humour, ou simple expression, représentation de soi dans l’espace vécu.

    Ce qui regroupe toutes ces œuvres disparates, c’est donc le support, à savoir la ville. Du coup, les graffitis sont de nature éphémère. Car le tag, le graff, la grande pièce étaient jusqu’à une époque récente systématiquement effacés par les pouvoirs publics ou –beaucoup mieux– recouverts par d’autres tags, graffs ou pièces, et c’est ce renouvellement constant qui caractérisait, avant la mode, l’ensemble des Street Arts. Aucun scrupule à avoir, puisque on n’avait à faire qu’à de simples graffitis, pas à de l’art immortel et patrimonial. Et sans être nécessairement conscient, leur caractère périssable semble être ce qui unit vraiment tous les graffitis.

    Le graffiti n’est pas du Pop Art, il ne pense pas ses œuvres comme des produits de consommation reproductibles à l’infini ; ces œuvres sont des traces éphémères qu’on aperçoit dans la rue une semaine, un mois ou un an, mais on doit s’attendre à les voir disparaître du jour au lendemain : c’est ce qui fait l’art dans le graffiti. Et c’est pour cela que les graffers s’insurgent massivement contre des initiatives comme celles de l’expo/vente aux enchères Stealing Banksy ? . En ne retenant que l’aspect purement esthétique de cet art ou pire, en suivant une mode, ne tuons nous pas, comme nous l’avons fait pour toutes les « œuvres à mugs » ce que cet art avait d’original ?

manetbanksy

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